Question 11 : Dans quelles conditions s'est passé votre départ d'Algérie ?


Dramatique et précipité. C'est la période la plus noire de toute la guerre d'Algérie. Repli général des Pieds-Noirs (et des juifs) sur les grandes villes du littoral : " la valise ou le cercueil ". Chaos général dû à l'affrontement FLN contre l'OAS. Les deux communautés ont été chauffées à blanc par les exactions commises des deux côtés.
Oran paie le tribut le plus lourd : le 5 juillet 1962, 2000 français sont assassinés ; 3000 autres sont enlevés, torturés et sans aucun doute massacrés. L'armée française sous le commandement du général Katz a laissé faire.
Des hordes de réfugiés s'amassent sur les quais des ports ou sur les aéroports avec un maigre balluchon, portant sur eux le plus d'habits possible, en pleine canicule de juillet.
Nous avons tout laissé : nos maisons avec nos meubles, nos photographies, nos souvenirs. Sauve-qui-peut général devant la barbarie ! Les paquebots sont bondés, surchargés. Les gens font la queue en plein soleil presque sans boire ni manger pendant plusieurs jours. Ils dorment à même le sol, parfois sans nouvelle de leur proche famille.
Tous ces réfugiés, la plupart gens de modeste condition, laissent derrière eux un mur de haine et de sauvagerie.
Maintenant, il va falloir affronter un mur d'indifférence de l'autre côté de la Méditerranée. Certains n'ont jamais mis les pieds en France, auparavant !

M. Sudreau demande au Conseil des Ministres, à paris, le 30 mai 1962 : " Sont-ce des vacanciers comme M. le Secrétaire d'État le laisse entendre, ou des réfugiés, ou des rapatriés ? "

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