Question 10 : Français et Algériens pouvaient-ils accéder aux mêmes fonctions ? Aux mêmes études ?


Indigènes et européens, tous français, avaient les mêmes droits en vertu de la République, qui, on l'oublie trop, impose les mêmes devoirs. A l'époque le grand devoir était le service militaire pour tous les garçons. J'en dirais un mot plus loin. Les mêmes droits... hélas pas les mêmes chances ! Après un siècle de colonisation, le resultat était là, statistiquement, le peuple indigène se trouvait plus démuni matériellement, donc plus dépendant, l'individu acceptant pour vivre un salaire de plus en plus miséreux. Le peuple indigène entrant dans la République à reculons refusait, et donc perdait les avantages de l'école et la promotion. "l'Ecole de tous donne pas une chance mais vous permettra d'en saisir plusieurs". Ce discours, les petites gens d'origines italiennes ou espagnoles qui avaient fuies la misère le comprenaient en clair. Les indigènes a qui on voulut l'imposer (rappelez vous l'école obligatoire) le rejetèrent.Après quelques décennies les différences matérielles étaient considérables entre indigènes et européens, les plus pauvres allaient constituer ce que, à la même époque en Europe, en France en particulier, Zola allait peindre et défendre et qui constituait le prolétariat. Dans ces conditions, parler des mêmes chances relève de l'utopie.Fait un rapprochement avec la Fance d'aujourd'hui : il est plus difficile de franchir tous les obstacles qui conduisent à l'école polytechnique quand on est né dans un cité, de parent peut éclairés pour vous guider. Les statistiques sont là.Par ailleurs, né en Algérie, pieds-noirs ou arabes (ceux deux mots ont remplacé européens et indigènes) les même diplôme ne donnaient pas les mêmes accès. Il fallait un plus, la "mention", pour un emploi en Métropole. Assorti de gâteries du genre : l'écrit à Alger, l'oral à Paris. Quel jeune accepterait ça aujourd'hui ?

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